« 130 % du poids de corps, et le maximum c'était 20 répétitions. Et moi, peut-être avec l'esprit un peu militaire, je me suis dit : moi, il faut que je fasse 20. »
Je visais une sélection. Je m'étais toujours projeté militaire, jamais autre chose, et ce jour-là, au lieu d'écouter le signal que mon corps m'envoyait, j'ai forcé la répétition de trop, parce qu'on m'avait appris à encaisser, à tenir, à ne rien montrer.
« Je ne sais pas ce que je me suis fait, mais je ne me suis pas loupé. »
Ce que j'ai perdu ce jour-là, ce n'est pas seulement un dos, c'est une identité, parce que je savais ce que je voulais faire, mais je ne pouvais plus le faire, et c'était bien là le problème.
Je suis resté quatre mois allongé, j'ai pris une vingtaine de kilos, et j'ai dû tout reconstruire, lentement, pierre par pierre.. et honnêtement, c'est toujours en cours.
« Je ne l'ai pas accepté. Je ne l'ai jamais accepté. »
« On m'a dit que c'était fini, que je ne ferais plus jamais de sport. Heureusement que je ne les ai pas écoutés. »
Je ne vais pas te raconter que la blessure a été une chance déguisée, ce serait faux. Ça a été une chute, et ça le reste.
Ce qui a changé, ce n'est pas la chute, c'est la vitesse à laquelle je suis remonté, et surtout ce que j'ai compris en remontant : qu'à force de ne travailler que le physique, j'avais oublié l'essentiel, et que le mental, aujourd'hui, c'est devenu pour moi le pilier le plus important, le reste autour.

